TEMPERANCE

My little retreat has come to an end.

Ten days of introspection indulging in minimal living and many hours of isolation (cut with some socializing with fine Sackville folks who have fueled me more than they'll ever know).

Some thoughts are still scattered. New perspectives have been discovered. Collected a handful of images, but many words. If anything I've reassessed many aspects of my creative and everyday self : wondering wether or not they're one and the same.

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If anything I just need to trust and to keep seeking for calm.

MANIFESTATIONS

I can definitely say that I cherish the ritualistic movements I've come to develop behind the camera. I'm also understanding a certain need for my physicality in the process, the presence of others in front of me and the patient hunt for subtle shifts between us. 

Harbouring a deep fascination with the mechanisms of feelings and their embodiments
I'm borrowing figures and recognizing our shared complexities.

As with the photographic image, I'm continually constructing and deconstructing fragile impressions of self and purpose. 

Day 6 - Self portrait. Movement silenced.

PRESENCE PORTRAYED

Rediscovering a certain intimacy that comes with being alone.
Indulging in losing myself in thought. Processing and searching. 
Time perception has shifted and I'm hopeful with what's left to come.

Day 4 - Spontaneous phone photo. Chest scar, scratch marks, skin textures.

Day 4 - Spontaneous phone photo.
Chest scar, scratch marks, skin textures.

TREPIDATION

Yesterday felt a bit like a write-off. Long story short my body did not feel like cooperating. It made me think about my reliance on it, my worries about it and my relationship with it.

A lot of my work is unpublished or unseen, because it is often not materialized and simply internalized. 

Day 3 - Self portrait shot with remote + digital camera
Exploring gestures. Defaulting to anonymity.

Nursing fatigue
Thoughts of purpose
Unassuming contemplation

Learning emotional language
Communicating endlessly
Into a void

Parois qui s'effritent
Par la constance des mouvances
Laissent place à un tendre abandon
 

IN ISOLATION

I am currently Ease on Down the Road's artist in residence, a special programming media arts residency offered by Struts & Faucet Media Arts Centre in beautiful Sackville, NB.... just mere minutes away from home. I decided to shut myself in the residence apartment and to take advantage of the opportunity of isolating myself.

I'm always borrowing other women's figures to project my inner self upon.
For the next 10 days I will
attempt to connect with my camera and myself by turning the lens around exposing my own vulnerability. I intend to discover the possibilities, relevance and meaning my physical presence may bring into my work.

Day 1 - Still taken with phone from camera LCD screen.
Sitting for / by myself in front of a machine, a recording camera.
Without planning and with minimal technical attention.
Documenting movements, mainly breathing.

Isolation is of great importance to me
Subtraction offers expansion
Room to explore
To hear better
To feel nothing
Or to feel it all

Imagery is how I communicate best
A second mother tongue of sorts

Words gather in my throat
And stumble out of my mouth clumsily

An urge to express
The churning
Compressing
Burning
Conditions of being

SMALL TALK

it's not about what my photographs are saying
in fact i want them to say very little
and to stay as quiet as possible

but i do want them to punch you in the gut really hard

QUOI D'AUTRE

J'ai reçu de bonnes nouvelles :  je vais représenter mon pays et ma province, le Nouveau-Brunswick, aux VIIIe Jeux de la Francophonie à Abidjan, Côte d'Ivoire en juillet 2017 à titre d'artiste photographe.
La compétition m'importe peu.
L'exil temporaire, un nouveau continent, un regroupement international... c'est cela qui m'anime. 

Je pense beaucoup dernièrement vers où je vais. Et où j'étais.
Et comment je me bat toujours.
Avec moi-même surtout.
Et quand arrêter.
Comment aussi.

Je me dois de dédier plus de temps à l'art.
La nouvelle année apporte avec elle un espoir bienvenue.
La trentaine aussi. Je m'accroche aux renouvellements.
Perpétuellement.
Peut-être vais-je finalement apprendre.


 

CYCLES

Lorsque Florence me raconte les événements entourant ma venue au monde tout semble expliquer mon modus operandi presque trente ans plus tard...

Un désir de ralentir. 
La quête impossible du silence.

Seeking stillness.
Yet a haunting restlessness.
Treading water.

Une pesanteur qui emporte la lenteur.
Fatigue.
Ma constante compagne.
 

M U U T A M A A P Ä I V Ä Ä M Y Ö H E M M I N

Les mots me manquent. 
Les premières semaines ont été si généreuses en expériences et émotions.
Les vannes ont été ouvertes et tout a coulé d'un coup. 

Le travail progresse.
Les oeuvres me parlent et me font du bien.
Portraits figuratifs de paysages abstraits.
Ça me réconforte pour mon retour inévitable à la réalité.

Ma technique et mon approche se raffinent. 
Mon intention est claire. 
Ma démarche se doit d'être reconstruite, mais encore et toujours...
Les mots m'esquivent. 

K A K S I T O I S T A, K O L M E T O I S T A & N E L J Ä T O I S T A

Sans mots, comment faire parler mes photographies?

Opaques et transparentes, fragments d'ombres et de lumières. 

Images insondables décortiquées pour être rapiécées en une nouvelle configuration.
Cadre éclaté. Émulsions vierges et chevauchées. Sujets anonymes et flous. Abstractions.
Elles repoussent tout de l'idée photographique conventionnelle. 
Je peint, je manipule, je planifie et je projette une réalité autre que celle visible par les yeux.

Qu'elles sachent vous emporter en voyage dans les macrocosmes qui vous habitent.
Où se cachent toutes les dualités de votre expérience.

Ou bien, qu'elles vous allouent un soupir.
Un sursaut.
Ou un vide. 

Que sera, sera.

Y K S I T O I S T A

Onze jours en terre nordique. 
Autant dire une autre vie.

En effet, il y a eu guérison. 
De quel malaise, je n'en suis pas certaine. 

Dépouillement de mes doutes.
Lâcher cette tension qui hantait mes intérieurs.
Et accepter la lourdeur d'être.

Prendre place dans ce lieu qui ne fait que m'étreindre.

Déshabillée.
Laisser trainer cette vieille peau sur la pellicule.
Les traces restantes, amalgames de souvenirs impossibles, de paysages invisibles et de réalité réinterprétée. 

Ce sont mes miroirs immaculés.
 

S Y Y S K U U

Aux premières minutes de ce jour, une balade nocturne. 
La nuit est noire. 
La lune est pleine. 
Les bouleaux d'argents reflètent une faible lumière métallique dans la pénombre.

Malgorzata, Emilie et moi. 
Assises près du lac gelé, tout est immobile sauf mon coeur qui ne cesse de danser.
Finalement, un silence presque impeccable. 
Sensation presque palpable.  

Le silence n'est pas le vide, n'est pas le rien.
Tout se centre.
Les ombres pudiques du passé font surfaces. 
Ouvre la fenêtre. 

Délivrance. 

 

V I I S I

Moments de présence,
de fébrilité,
de reconnaissance,
de réalisations.

Retour dans la forêt aux bouleaux argents, si grands et je suis si petite.
Seule et bien. 

Le temps nuageux et brumeux étouffe les sons.
Autour de moi, les autres âmes soeurs qui errent dans Arteles sont une présence fantomatique et bienvenue.

Le silence, je le recherche de plus en plus. 
J'ai apprivoisé la bête, mais elle est évasive. 
Ce n'est pas le néant, c'est autre chose. 
D'autres explorations à entreprendre afin de le définir.

one's inside world is as vast and unknown as the outside world we share.
by exploring the surrounding environment i create a visual vocabulary as a mean to translate the inner exploration that i am living as inside the words are akin to ghosts; silent yet powerfully present.